OGM : Source d'information sur les organismes génétiquement modifiés
 
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CONTEXTE SOCIAL

Les crises successives vécues récemment dans le domaine de l’alimentation ont eu pour effet d’ébranler la confiance de la population. Ne sachant plus qui croire ni où obtenir de l’information, les consommateurs, soucieux d’une bonne santé et d’une saine alimentation, expriment leur méfiance envers la nouveauté et surtout face à l’inconnu. Il n’est donc pas étonnant de constater que les organismes génétiquement modifiés (OGM) sont devenus un objet de préoccupations pour un grand nombre.

L’arrivée massive des nouvelles technologies dans le domaine bioalimentaire a semé le doute et soulevé des interrogations au sein de notre société. Le contenu de leur assiette est devenu l’une de leurs principales préoccupations. Les aliments consommés au quotidien contiennent-ils vraiment des OGM ? Qu’est-ce qu’un OGM ? Quels sont les risques associés à leur consommation ?

Les consommateurs exigent de plus amples renseignements. Des sondages révèlent que :
  • les trois quarts des Québécois (74 %) veulent connaître les risques associés à leur utilisation (2);
  • la majorité des Canadiens (87 %) ne connaissent pas la signification de l’appellation OGM (3);
Qu’il s’agisse des aspects santé et environnementaux ou de l’étiquetage, de la traçabilité des aliments ou de la sécurité alimentaire, il est important d’informer les consommateurs sur la question des OGM.

Un sondage réalisé par l'Université d'Alberta auprès des canadiens démontrent qu'ils sont concernés par l'utilisation des OGM dans l'alimentation des animaux destinés à la production de viande. Environ 50% des consommateurs sondés ont mentionné être très préoccupés par le sujet. Une variation démographique entre les provinces a été observée par les auteurs de l'étude. Les résidents des provinces de Québec et de la Colombie-Britannique sondés semblaient être davantage concernés que les canadiens des autres provinces (6).

Des producteurs agricoles du Québec se prononcent sur les OGM

Au printemps 2003, une équipe de scientifiques de l’Université Laval, à Québec, a entrepris de connaître l’opinion des producteurs agricoles du Québec sur divers aspects socioéconomiques associés à la culture des organismes génétiquement modifiés (OGM) (5). Leur outil : un questionnaire envoyé par la poste. Quelque 412 producteurs de grandes cultures du Québec ont répondu au sondage¹.

Entre autres opinions, les participants au sondage pensent que le public est mal informé sur les OGM. La plupart d’entre eux soulignent que les cultures GM favorisent des pratiques culturales plus respectueuses de l’environnement : diminution de l’usage des pesticides, meilleur contrôle des mauvaises herbes. Par ailleurs, certains producteurs sondés s’inquiètent de l’émergence de mauvaises herbes résistantes aux herbicides dans des champs d’OGM, de l’effet toxique des plantes GM sur des insectes non nuisibles et de l’impact des aliments GM sur la santé humaine.

Le sondage aborde six grands thèmes, soit :

PARTIE 1 – OPINION DES PRODUCTEURS SUR LES OGM

PARTIE 2 – LA PRODUCTION D ’OGM AU QUÉBEC

PARTIE 3 – IMPACT DES OGM SUR LES PRATIQUES CULTURALES ET L’ENVIRONNEMENT

¹ Mille producteurs de grandes cultures du Québec ont reçu, par la poste, un questionnaire. De ce nombre, 412 ont retourné le formulaire dûment complété. Le taux de réponse atteint donc 41,2 % et dépasse le taux moyen observé généralement pour les sondages effectués par la poste. En somme, le taux de réponse des producteurs québécois  pour ce sondage sur les OGM est très satisfaisant, de même que le niveau de précision des résultats qui se situe autour de 5 %.

Audiences publiques de la CAAAQ

En 2007, la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ) a tenu des audiences nationales et régionales. La CAAAQ avait pour mandat entre autres :

  • de faire un état de la situation des enjeux et défis de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois;
  • d’établir un diagnostic et de formuler des recommandations sur les adaptations à faire.

L’enjeu de l’utilisation des OGM en agriculture a été inclus dans les débats.

Dans son rapport déposé en février 2008, la CAAAQ propose deux recommandations spécifiques sur les OGM (# 39 et 40) :

  • La recommandation (# 39) : que le gouvernement du Québec exerce un leadership auprès des gouvernements fédéral et provinciaux afin que les mesures suivantes soient adoptées à l’égard des OGM : i) affectation de fonds à la recherche sur les effets des OGM sur l’environnement et la santé; ii) renforcement du processus d’homologation des produits contenant des OGM; iii) mise en place d’un cadre pour le suivi et la recherche sur les effets à long terme des OGM homologués; iv) s’assurer d’une disponibilité de semences de cultures non génétiquement modifiées; v) mise en place de dispositifs d’analyse et de traçabilité des OGM.
  • La recommandation (# 40) : que le gouvernement du Québec : i) crée un comité multidisciplinaire, relevant du Conseil de la science et de la technologie, chargé de conseiller le gouvernement et d’informer la population sur les enjeux scientifiques, économiques, sociaux, environnementaux, éthiques et de santé associés aux organismes génétiquement modifiés; ii) précise les paramètres qui permettraient de créer des zones sans OGM et protéger des contaminations les cultures n’utilisant pas d’OGM (ex. production biologique).

Vous pouvez consulter le rapport final de la CAAAQ à l’adresse suivante : http://www.caaaq.gouv.qc.ca/documentation/rapportfinal.fr.html


CONTEXTE ÉTHIQUE

La question des organismes génétiquement modifiés (OGM) occupe une place importante dans les préoccupations sociales actuelles, au même titre d’ailleurs que tout ce qui touche les applications des progrès de la génétique dans son ensemble. Il s’agit d’un sujet complexe car, outre les préoccupations associées aux divers produits génétiquement modifiés, le processus qui mène à leur production, c’est-à-dire la transgénèse, soulève aussi des interrogations. En ce qui concerne les produits, il faut se demander si les OGM ont ou non des effets indésirables sur la santé et sur l’environnement. En ce qui concerne le processus de la transgénèse, lequel repose sur la manipulation du vivant et sur la transformation des modes d’agriculture et de l’alimentation, il est nécessaire d’en évaluer les répercussions sur la société et sur les individus qui la composent.

La Commission de l’éthique de la science et de la technologie estime que la réflexion sur les OGM doit se situer dans le contexte d’un débat sur la diversité des formes d’agriculture (4) et, de façon plus philosophique, s’ouvrir sur un questionnement relatif à la transgénèse afin de déterminer s’il s’agit d’un mode d’intervention sur le vivant en continuité ou en rupture avec les façons de faire antérieures.

Loin de contester a priori les bienfaits possibles des progrès de la science et de la technologie, l’éthique s’interroge cependant sur la nature de ces progrès et veille à ce que les applications qui en résultent ne soient pas porteuses de conséquences négatives sur le devenir de la société et des personnes qui la composent. Elle tend à déterminer quelles sont les valeurs qui peuvent être mises à mal par certaines orientations que peut amener le progrès technoscientifique et à quelles conditions ces orientations peuvent être maintenues ou encouragées. L’éthique n’a pas toujours de solutions aux questions qu’elle soulève, mais elle considère important que la population et les décideurs prennent conscience de ces questions et que se tiennent les débats de société nécessaires à la pertinence des choix qui seront faits dans l’immédiat et pour les générations futures. C’est dans cette optique qu’a été produit l’avis de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie intitulé Pour une gestion éthique des OGM, rendu public en décembre 2003.


Références