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RISQUES LIÉS À LA CONSOMMATION DE PRODUITS DÉRIVÉS D’ANIMAUX NOURRIS AUX OGM

La diète des animaux de ferme comprend souvent du maïs et/ou du soja. Au Québec, on retrouve des variétés GM de ces cultures. Ainsi cette diète peut contenir des grains GM.  Des études ont été menées pour savoir si une telle diète présentait des risques pour la santé des animaux eux-mêmes, ainsi que pour celle des êtres humains qui consomment la viande de ces animaux ou leurs produits dérivés (lait, oeufs).

Les résultats des études menées au Canada, aux États-Unis, au Japon, en Australie et dans les pays de l’Union européenne montrent que (48, 49, 50, 51):
  • la valeur nutritive des grains transgéniques est la même que celle des grains traditionnels;
  • les animaux digèrent l’ADN et la protéine ajoutés des grains GM;
  • la diète à base d’OGM a les mêmes effets – taux de croissance, risques d’intoxication, réaction allergique – sur les animaux qu’une diète non GM.
Par ailleurs, une commission britannique de conseillers et de scientifiques a rapporté les conclusions suivantes des études réalisées sur les aliments GM destinés aux humains et aux animaux (51):
  • la présence de résidus d’ADN, de gènes d’origine OGM dans le lait, les oeufs et dans la viande provenant d’animaux nourris aux aliments OGM n’a pu être démontrée;
  • aucun effet négatif n’a été signalé chez des millions de personnes (États-Unis, Canada, Argentine) qui ont consommé des produits dérivés d’animaux nourris avec des aliments GM.
À la lumière de ces résultats, les autorités en matière de sécurité alimentaire ont conclu que :
  • l’utilisation de grains GM en alimentation animale est sécuritaire pour les animaux;
  • les aliments d’origine animale provenant de ces animaux sont équivalents aux produits d’origine animale provenant d’animaux nourris avec des grains traditionnels;
  • les produits d’origine animale (lait, oeufs, viande) provenant des animaux ayant une diète à base de grains GM sont considérés sains pour les humains.
Le caractère sécuritaire pour la santé humaine et celle des animaux ne s’applique toutefois que pour les aliments GM testés et non aux autres cultures GM existantes non encore commercialisées. Chaque nouvel OGM créé doit être soumis aux mêmes évaluations de toxicité et d’allergénicité.


Tableau 1 : Études sur l’effet de l’alimentation avec OGM sur les animaux, les poissons et le lait de vache
Animal
Nourriture OGM
Effets
Veau
Maïs Bt
La protéine Cry1Ab des fèces (excréments) a été dégradée rapidement. Des traces de la protéine ont été détectées dans le contenu du tractus intestinal, mais pas dans le foie, la rate, le rein, les muscles ou les ganglions. Ces résultats suggèrent que des traces de Cry1Ab survivent au passage dans le tractus intestinal, mais ne sont pas transmises aux organes. 29
Vache laitière Maïs tolérant au glyphosate
Pas de différence sur l’appétit des vaches, la quantité et la composition de lait produit, le nombre de cellules somatiques ou la quantité d’urée excrétée. 30
Soja tolérant au glyphosate Le soja GM n’a pas affecté la quantité de nourriture ingérée, la digestibilité, la proportion d’acides gras dans le rumen, la quantité d’azote excrété, la qualité et la quantité de lait produit. 31
Maïs Bt Pas de différence dans les caractéristiques de fermentation du rumen, la quantité de lait produit et sa composition. 29
Maïs Bt L’étude démontre que l’incorporation du facteur Bt n’aurait pas d’effet sur la production laitière des bovins en lactation et sur le gain de poids quotidien des animaux à l’engraissement. 32
Maïs Bt La quantité de nourriture ingérée, la quantité de lait produit et sa composition ont été similaires. De plus, il n’y a eu aucune différence de «dégradabilité» dans le rumen. 33
Maïs Bt Des chercheurs québécois ont étudié le devenir des transgènes et de la protéine Bt dans l'ensilage, les grains traités et le contenu ruminal. Après avoir alimenté des vaches laitières avec de l'ensilage de maïs Bt, la concentration de protéine Bt dans le digesta ruminal était très faible et elle demeurait indétectable dans le liquide ruminal. La protéine Bt ne devrait donc pas causer d'effets secondaires sur l'environnement. 88
Bovin de boucherie Maïs tolérant au glyphosate Aucune différence significative n’a été notée sur la quantité de nourriture ingérée, le taux de croissance, le poids. Des différences subtiles ont été remarquées concernant l’épaisseur de la couche de graisse. Aucune bête n’a contracté de maladies.

La signification clinique de la diminution de la couche de graisse reste à établir. L’insertion du gène de tolérance au glyphosate n’a pas d’effet significatif sur la valeur nutritive du maïs.
35
Maïs Bt Aucune différence n’a été notée sur l’acidité du rumen, sur le ratio acétate/proprionate et sur la digestibilité. L’incorporation du gène Bt n’a pas eu d’effet sur les caractéristiques des bœufs. 32
Maïs Bt Détection du maïs Bt dans le système digestif de bovins. Des échantillons au niveau de plusieurs sections du tube digestif ont été analysés pour détecter des fragments du gène de la toxine Bt Cry1Ab. Des tests d'immunodétection ELISA sur les échantillons ont démontré une diminution de la quantité de protéine Bt par rapport à celle présente dans le maïs qui a initialement servi à faire la diète du bétail. La protéine Bt était présente en quantité importante dans les excréments. L'influence du transgène Bt Cry1Ab a également été mesurée sur la microflore bactérienne du tube digestif des bovins. La conclusion générale de cette analyse montre que le maïs Bt176 n'a pas d'influence significative sur la population microbienne des animaux . 84
Maïs Bt Du maïs Bt transgénique avec la protéine Cry1Ab a été fourni comme diète à des bovins afin de déterminer si la protéine Bt était détruite par la digestion. L'analyse des échantillons du tube digestif des bovins a permis de conclure que la protéine Cry1Ab était dégradée durant la digestion de l'animal . 85
Maïs Bt Aucun fragment du gène Bt Cry1Ab n'a été détecté dans les échantilons de muscles, foie, rate et reins. 89
Porc Maïs résistant au glyphosate L’ADN ingéré, d’origine OGM ou non OGM, n’est pas totalement dégradé par la digestion chez les porcs. 37
Maïs Bt L’ADN d’origine OGM ingéré et la protéine d’origine OGM correspondante (Cry1Ab), ne sont pas totalement dégradés dans le tractus gastro-intestinal des animaux testés. Les résultats ont montré la présence de forme détectable d’ADN d’origine OGM et non OGM par la méthode PCR et la présence de la protéine OGM par des épreuves immunologiques. Aucun fragment d’ADN de maïs d’origine OGM ou non OGM n’a cependant été détecté dans le sang périphérique. 38
Soja GM
Les auteurs rapportent ne pas avoir détecté de fragments d’ADN ou de protéines d’origine OGM dans les échantillons de muscles testés provenant des porcs nourris avec ce soja OGM 40
Maïs GM
Ce maïs GM a cinq fois plus de phosphore disponible ou digestible que le maïs normal ; sa teneur réduite en phytate a réduit la quantité de phosphore excrétée par les porcs. 41
Soja et maïs GM
La diète à base de soja ou maïs GM est essentiellement équivalente en composition et en valeur nutritionnelle à la diète à base de grains conventionnels pour les porcs en engraissement. 42,43,44,45
Maïs Bt
Des analyses du système digestif et des organes (sang, muscles, foie, rate et ganglions lymphatiques) ont été analysés. Aucun transgène Bt du maïs GM n’a été détecté. 90
Volaille Soja GM La diète administrée à base de soja GM s’est révélée équivalente du point de vue de la valeur nutritive à la diète à base de soja non GM à la lumière de l’absence de différences observées dans les caractéristiques des poulets. 31,91,92
Maïs Bt Aucun fragment du gène Bt du maïs GM n’est détectable dans les échantillons de muscles, foie, rate et rein ainsi que dans les oeufs. 89
Truites arc-en-ciel Canola tolérant glyphosate Aucune différence n'a été notée entre la diète de canola conventionnel et celle du canola GM. La prise de poids, l'efficacité nutritive, l’utilisation des protéines et la composition corporelle ont été évaluées. 83

Une revue de littérature sur la détection de dérivés de plantes GM dans la production animale a été réalisée par une équipe de chercheurs canadiens. Leur analyse démontre que les protéines des plantes GM ne sont pas présentes dans les tissus ou les produits dérivés de ces animaux. Des fragments de petite taille d'ADN de plantes GM ont été détectés dans les tissus de poulets, de porcs et de ruminants mais à un niveau inférieur que toutes les autres molécules d'ADN normalement présentes dans une plante conventionnelle. Ceci suggère qu'il est possible et qu'il est tout à fait normal que de petits fragments d'ADN autant des OGM que des plantes conventionnelles puissent passer les parois des intestins. Toutefois, la quantité est infime et jusqu'ici les gènes d'OGM n'ont pas causes de problème de sécurité et de santé aux animaux (86).

L'agence gouvernementale European Food Safety Authority ( EFSA) a émis une opinion sur la présence d'ADN ou de protéines recombinants dans la viande, le lait et les oeufs d'animaux nourris avec des OGM. Leurs conclusions mentionnent qu'après l'ingestion, une rapide dégradation en petits fragments de l'ADN ou des protéines est observée dans le système digestif des animaux. Des fragments d'ADN ou de protéines OGM n'ont pas été détectés dans les tissus, les fluides ou les produits consommables d'animaux nourris avec une diète contenant des OGM (bovins, volaille, porcs) (87,93)

Traçabilité des animaux nourris aux OGM

Peut-on savoir, grâce aux techniques de détection actuelles, si des animaux d'élevage ont été nourris aux OGM ?

Pas de séquences d'ADN transgénique retrouvées dans le sang de vaches nourries aux OGM

C'est la question qu'une équipe française pilotée par des chercheurs de l'INRA s'est proposée d’étudier. Pour cela, elle a analysé des échantillons de sang prélevés sur des vaches nourries ou non au maïs transgénique Bt176.

Les chercheurs ont montré que de petits morceaux d'ADN provenant de la nourriture peuvent bel et bien traverser la membrane intestinale et se retrouver dans le sang des ruminants. En revanche, dans aucun échantillon, la séquence d'ADN transgénique propre au Bt176 n'a pu être retrouvée de façon certaine, écartant ainsi, pour l'heure, la possibilité d'un contrôle analytique capable de reconnaître les animaux nourris aux OGM.

Les outils actuels de contrôle de routine ne permettent pas de savoir si un animal a consommé des aliments transgéniques. La traçabilité de ces animaux n'est donc possible qu'au travers des procédures documentaires.

Ces résultats ont été publiés dans le Journal of Agricultural and Food Chemistry du 28 janvier 2009. (69)

Références