Dispersion des gènes

Maïs GM

Au Québec, le maïs, tant GM que non GM, ne semble pas être la culture la plus susceptible de répandre ses gènes dans les cultures avoisinantes, et ce, pour plusieurs raisons.

Maïs
  1. Le pollen de maïs, principalement transporté par le vent, tombe généralement dans un rayon de 5 mètres en bordure des champs et rarement au-delà de 25 à 50 mètres1 2 3 4.
  2. Le pollen de maïs n’est plus viable deux heures après son exposition au soleil5. Ainsi, la courte durée de vie du pollen peut restreindre le flux de gènes, par exemple, lorsqu’il est transporté par des insectes.
  3. Au Québec, il n’y a aucune espèce de maïs sauvage apparentée au maïs cultivé.

Qu’elle est l’origine du maïs cultivé?

Il provient du Mexique où, il y a quelques milliers d’années, les premières graines de maïs cultivé ont été semées6.

Des études ont évalué au champ le comportement du pollen du maïs :

  • En 2000, 2001 et 2002, des chercheurs ont effectué des mesures de fréquences de contamination dans trois champs expérimentaux, en Ontario. Selon leur étude, une variété de maïs jaune a transmis ses gènes à une variété de maïs conventionnel blanc dans une faible proportion (moins de 0,01 % à 28 m de distance)7. Des chercheurs américains ont également noté des fréquences similaires8.
  • Des études montrent que l’importance du flux de gènes augmente avec la taille et le nombre des champs cultivés9 10. Les auteurs de ces études ont aussi observé que le pourcentage de croisements est plus élevé dans les cinq premières rangées adjacentes à la source de pollen. Il semblerait donc que ces rangées agissent comme une barrière à la dispersion du pollen.
  • Des chercheurs ont observé, qu’en général, le pourcentage de croisements entre le maïs transgénique et d'autres cultures de maïs avoisinantes dépend de différents facteurs, comme la distance de séparation des champs, les barrières locales qui limitent le mouvement de pollen, le climat local et la topographie11.

Du maïs Bt au Mexique?

En 2001, des chercheurs américains prétendent avoir découvert de l’ADN d’origine transgénique dans le patrimoine génétique de variétés locales de maïs mexicain12. Ils affirment, dans un article publié dans la revue Nature, que cet ADN aurait été transmis par le pollen de plants de maïs transgéniques. Cependant, la production et l’importation de semences de maïs transgéniques sont interdites au Mexique. Les chercheurs soupçonnent donc les paysans d’avoir planté volontairement ou involontairement des grains de maïs transgénique issus du fourrage destiné aux animaux.

Les réactions ne se font pas attendre. Plusieurs équipes universitaires s’interrogent sur la véracité des conclusions de l’étude13 14. Un scientifique dénonce même, dans un article publié dans la revue Transgenic Research, plusieurs lacunes scientifiques dans l’étude des chercheurs américains. Il conclut que la présence d’ADN transgénique dans les variétés locales de maïs pourrait s’expliquer par une contamination lors du broyage des échantillons de maïs15. Les membres de la direction de la revue Nature ont alors admis qu’ils n’auraient pas dû publier l’article des chercheurs américains, puisque la méthodologie utilisée pour leur étude ne permettait pas de conclure à une présence de transgène dans le maïs local16.

En 2004, la Commission de coopération environnementale (CCE), qui relève de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA), a réalisé une étude indépendante sur ce cas de contamination probable et sur ses impacts environnementaux, sociaux et économiques. Vous pouvez obtenir une information plus détaillée sur cette étude à l’adresse Internet suivante : http://www.cec.org/files/PDF//Maize-and-Biodiversity_fr.pdf

Afin de mieux évaluer à quel degré le maïs GM serait présent, une équipe de chercheurs (dont 1 du gouvernement mexicain) a récolté les grains de 870 plants de maïs provenant de 125 champs. Plus de 150 000 grains ont été testés pour la présence de 2 gènes retrouvés dans les variétés GM. Ces gènes n’ont pas été retrouvés dans aucun des échantillons; les chercheurs en ont conclu que le maïs GM était absent ou se retrouvait en très faible quantité dans les champs échantillonnés en 2003 et 200417.

Selon une étude parue en 2009, de l’ADN transgénique étaient présents dans 3 des 23 localités échantillonnées en 2001. Cependant, elle ne dit pas si cet ADN est bien intégré dans le bagage génétique des variétés locales ou s’il disparaîtra après quelques générations18.