Avantages potentiels des ogm pour la santé

Moins de produits chimiques

Certains OGM présentement commercialisés sont utilisés dans le secteur des grandes cultures. Par leurs caractéristiques (tolérance à certains herbicides, résistance aux insectes et aux maladies), ils permettraient de réduire l’usage de certains herbicides et insecticides. Il pourrait donc y avoir un avantage – quoiqu’indirect – sur la santé humaine, puisque plusieurs de ces composés chimiques sont connus pour leurs propriétés toxiques. Les risques d’intoxication seraient diminués, car il y aurait moins de résidus de ces produits, autant dans l’air que sur les aliments destinés à la consommation.

Exemple des cultures de coton Bt

Des expériences menées au champ, notamment en Inde et en Chine, ont montré que la production accrue de cultures de coton Bt par rapport aux cultures de coton traditionnel s’était reflétée dans la baisse de la quantité de pesticides utilisés dans les champs 1 2 3 4.

Moins de moisissures sur le maïs

Certaines moisissures, ou champignons microscopiques, proliférant sur des céréales telles le maïs, produisent des « mycotoxines ». Ces substances peuvent causer des intoxications plus ou moins graves, autant chez les humains que chez les animaux qui ingèrent la céréale ou qui y sont exposés de quelque façon que ce soit. Les mycotoxines peuvent causer des lésions au foie, aux reins et même au système nerveux.

Le genre Fusarium est l’un des principaux groupes de champignons microscopiques en cause dans la contamination du maïs autant dans les cultures en champ que dans les entrepôts, et ce, dans tous les pays du monde 5 6. Les toxines qu’ils produisent, les fumonisines, ont été beaucoup étudiées, car elles sont connues pour causer des épidémies de mycotoxicose chez les animaux de ferme et des cancers chez les rats.

Or, il semble que les variétés de maïs-grain Bt soient moins souvent contaminées par les champignons microscopiques que le maïs traditionnel 7 8 9 10 11. En dévorant les épis de maïs, la pyrale fournit des points d’entrée aux champignons qui produisent des mycotoxines. Ainsi, en réduisant les dommages causés par la pyrale, la culture du maïs-grain Bt contribuerait à diminuer les niveaux de contamination par les champignons 12 13. Le caractère toxique de la protéine Bt envers les insectes préserverait également les grains de la contamination par les moisissures. Les aliments dérivés de ces cultures contiendraient donc moins de mycotoxines, réduisant du coup les probabilités d’intoxication chez les humains et les animaux qui en consommeraient 14.

Plus de « bon gras » dans les plantes

Il est connu que certains acides gras sont bénéfiques pour notre santé. Les acides gras insaturés peuvent notamment nous protéger contre les maladies du cœur. Des plantes oléagineuses GM, comme le canola et le soja, ont été développées pour produire des huiles à teneur élevée en acides gras insaturés. Ces plantes GM à teneur modifiée en acides gras ne sont pas encore commercialisées, mais certaines sont déjà approuvées au Canada. Il n’y a pas encore d’études d’effectuer pour déterminer si l’impact de ces huiles GM sur la fréquence des maladies du cœur serait différent des huiles standards 15.

Des aliments plus nutritifs

Par la transgénèse, il serait possible de modifier la valeur nutritive d’un aliment pour résoudre un problème de nutrition. Ces aliments GM sont principalement destinés aux populations des pays en voie de développement qui souffrent de carences, notamment en vitamine A ou en fer.

Du riz enrichi en vitamine A

Le riz étant pauvre en vitamine A, de nombreux habitants des pays en voie de développement dont la diète se compose principalement de riz souffrent de cécité en raison de carences en vitamine A. Des chercheurs ont mis au point une variété de riz pouvant fabriquer du bêta-carotène, une substance que notre organisme peut convertir en vitamine A 16 17. Toutefois, des études complémentaires seront nécessaires pour déterminer si l’organisme humain est capable d’assimiler le bêta-carotène présent dans ce riz transgénique et si cela se traduit par une baisse de la cécité associée à la carence de vitamine A dans ces pays.

Des plantes enrichies en fer

Bon nombre d’habitants des pays en voie de développement souffrent d’anémie, dont l’une des causes fréquentes est la carence en fer 16. Des chercheurs travaillent à l’insertion, dans certaines plantes ciblées, d’un gène pouvant faire diminuer leur teneur en phytates. La présence de ces composés rend le fer difficile à assimiler par l’organisme humain. Une autre avenue de recherche porte sur l’insertion d’un gène qui conférerait aux plantes le pouvoir d’extraire le fer du sol avec plus d’efficacité.

Des aliments moins allergènes

L’une des avenues de recherche explorées par le génie génétique consiste à réduire le pouvoir allergène des protéines présentes dans certains aliments. Certains chercheurs tentent d’empêcher le gène de produire la protéine allergène, alors que d’autres travaillent à modifier la structure de la protéine pour la rendre non allergène. Les plantes ciblées sont actuellement le soja, le riz, la pomme de terre et l’arachide 18 19 20 21.

Plantes-usines qui produisent des médicaments

L’agriculture moléculaire ou moléculture végétale et animale consiste à utiliser des plantes ou des animaux transgéniques pour produire des composés pharmaceutiques ou industriels. Les utilisations potentielles vont de la conception de médicaments et de vaccins à la fabrication de plastiques biodégradables et de produits chimiques industriels.

Médicaments issus de la moléculture

La moléculture pourrait permettre de produire des molécules d’intérêt médical ou industriel dans des conditions sanitaires plus sécuritaires que les techniques de production employées auparavant.

Par exemple, la transgénèse a permis de modifier la bactérie Escherichia coli de manière à ce qu’elle puisse produire la molécule de l’insuline humaine. Cette technique de production a remplacé la technique qui nécessitait l’apport d’animaux comme le bœuf et le porc.

L’insuline n’est pas la seule substance extraite de cellules sanguines d’animaux utilisée à des fins thérapeutiques. Une possibilité en voie d’expérimentation est la production du « facteur IX », une protéine qui sert à la coagulation chez les hémophiles, cette protéine étant habituellement extraite de cellules sanguines. La production de cette molécule par moléculture pourrait permettre de réduire le risque de transmission de maladies comme l’hépatite B et le SIDA. En plus d’être plus sécuritaire pour la santé, la moléculture serait moins coûteuse.

Des vaccins bon marché… comestibles

Cette nouvelle technique de production de vaccins serait aussi moins coûteuse. Moins coûteuse, car il s’agit de produire des plants transgéniques comestibles dotés d’un gène résistant à un microorganisme spécifique (ex. virus, parasite). Rappelons que la vaccination consiste à immuniser un individu avec une substance préparée à partir des microorganismes pathogènes. C’est un gène de ces microorganismes qui serait inséré dans le génome de certaines plantes comestibles. Notre organisme réagirait de la même façon qu’en recevant un vaccin par injection : en produisant les anticorps nécessaires pour combattre certaines maladies comme l’hépatite B.