Impacts sur la santé

À l’origine, les OGM ont été créés pour augmenter la production agricole et simplifier le travail au champ. Il suffit de penser aux cultures résistantes aux insectes ou tolérantes aux herbicides. Aujourd’hui, les applications potentielles de la transgénèse dépassent le domaine de l’agriculture pour toucher celui de l’alimentation humaine et même de la pharmacologie.

Risques potentiels associés à la consommation d'aliments avec OGM

L’utilisation des OGM soulèvent certaines inquiétudes quant aux risques potentiels qu’ils peuvent présenter pour la santé :

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère que les aliments avec OGM présentent les mêmes risques pour la santé que les aliments classiques.

Dans un rapport intitulé « Biotechnologie alimentaire moderne, santé et développement : étude à partir d’exemples concrets » publié en 2005, l’OMS présentait une analyse des risques pour la santé et l’environnement des OGM. Selon ce rapport, les nouveaux aliments GM peuvent renforcer la santé et le développement.

L’OMS précise que les OGM présentement commercialisés ont subi toutes les évaluations de risques nécessaires avant leur commercialisation et qu’ils sont examinés plus soigneusement que les aliments traditionnels pour la recherche d'effets potentiels sur la santé et l'environnement.

À ce jour, la consommation d’OGM n'a pas provoqué d'effets indésirables connus sur la santé.

Toutefois, il demeure nécessaire de poursuivre les évaluations de leur sécurité avant de les commercialiser, afin de prévenir tout risque pour la santé et l'environnement, car certains gènes employés dans leur conception peuvent ne jamais avoir été présents dans la chaîne alimentaire auparavant. De plus, il faudrait exercer une surveillance à long terme pour détecter rapidement tout effet indésirable éventuel.

Aucune étude scientifique rigoureuse n’a encore démontré que la consommation d’aliments avec OGM comportait plus de risques que la consommation d’aliments traditionnels 1.Toutefois, il faut rester attentif aux impacts potentiels à long terme sur la santé. Des organismes scientifiques, comme la Société Royale du Canada et la British Medical Association7 sont d’avis que les OGM devraient néanmoins être plus étudiés avant d’être mis en marché.

Les plantes GM ne sont pas nuisibles pour la santé humaine, ni pour l’environnement. C’est la conclusion du rapport final « Utilité et risques de la dissémination des plantes génétiquement modifiées » du Programme national de recherche PNR59, réalisé par le Fonds national suisse (FNS) et publié le 28 août 20128 9 10. Ce rapport met en lumière les résultats de 30 projets de recherches menés entre 2007 et 2011 et de l’analyse de milliers d’articles scientifiques internationaux.

Une équipe de chercheurs italiens a publié en 2013 une analyse de 1783 études sur la sécurité des cultures GM. Parmi celles-ci, 770 concernaient l’interaction des cultures GM avec l’humain et les animaux. Les documents répertoriés ont permis aux chercheurs d’établir que la recherche scientifique menée jusqu’ici n’a détecté aucun risque important lié à l’utilisation des cultures GM12.

Le 17 mai 2016, The National Academies of Sciences, Engineering and Medecine (NASeM) a rendu public un rapport faisant état des connaissances scientifiques actuelles concernant les cultures génétiquement modifiées (GM)13. Le rapport est le résultat du consensus obtenus par un panel de 20 spécialistes multidisciplinaires œuvrant dans des secteurs impliqués dans le développement et la commercialisation des plantes GM et retenus suite à des nominations par la NASeM. Ces derniers ont consulté plus de 1000 documents sur les aspects agronomiques, environnementaux, culturels, socio- économiques ainsi que sur l’innocuité des produits issus du génie génétique. Ils sont venus à la conclusion notamment:

  • qu’il n’y a pas d’évidence que les aliments issus des cultures GM sont moins sécuritaires que les aliments conventionnels et
  • qu’il n'y a pas de différence significative au niveau de la santé animale observée entre une alimentation GM et une alimentation conventionnelle.

Évaluation des risques

Les risques potentiels sont actuellement évalués à l’aide des méthodes couramment employées pour évaluer les risques de toxicité et d’allergies associés à la consommation des produits alimentaires classiques lancés sur le marché. Des méthodes d’évaluation des risques imprévisibles sont en cours d’expérimentation.

Évaluation des risques potentiels

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) qui relève d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, partage avec Santé Canada et occasionnellement avec Environnement Canada, la responsabilité d’approuver les OGM destinés à l’alimentation humaine et animale ou destinés à être introduits dans l’environnement. Un produit dérivé d’OGM, comme l’huile de canola produite à partir de canola GM, n’a pas à être approuvé.

Si un aliment GM ou un composé alimentaire GM est essentiellement semblable à un aliment non GM ou à un composé alimentaire non GM existant, il peut être évalué de la même manière que son homologue existant pour ce qui est de la sécurité.

Il en va autrement pour les aliments dits nouveaux (AN), dont les aliments GM font partie. Même si à priori les AN ne présentent pas plus de risques pour la santé que les aliments traditionnels, le demandeur qui désire commercialiser un produit GM doit soumettre ce produit à une batterie de tests pour vérifier s’il renferme des toxines nocives ou des substances allergènes 2 3 4.

De plus, un groupe d’experts de la Royal Society de Londres a reconnu la nécessité de procéder à des tests de toxicité et d’allergénicité indépendants de ceux fournis par les compagnies lors de la demande d’approbation pour chaque aliment GM destiné à la consommation humaine, vu leur caractère nouveau 5.

Projet GMSAFOOD

Le projet GMSAFOOD a été mis en place afin d’élaborer une stratégie pour la surveillance post-commercialisation des OGM. La fonction principale d’une surveillance post-commercialisation est d'évaluer les effets nutritionnels et sanitaires possibles des aliments génétiquement modifiés autorisés sur une population mixte (humaine et animale). Ce projet a été financé par le 7e programme-cadre de l'Union européenne (FP7/2007 3) et s’est terminé le 31 mars 2013. Plusieurs études ont résulté de ce projet.

Méthodes ciblées et non ciblées

Les méthodes dites ciblées (ou classiques) sont utilisées pour déterminer le caractère toxique ou allergène des composés connus de l’OGM. Les quantités en nutriments et en antinutriments sont également déterminées avec ces méthodes.

Le besoin de détecter la nature des modifications que l’on ne peut prévoir a mené les chercheurs à mettre au point des méthodes dites non ciblées pour y répondre. Ces méthodes seraient en mesure de détecter les nouveaux composés dans la plante GM. Tout composé nouveau induit par la transgénèse doit être détecté avant que l’on puisse en déterminer le potentiel toxique et allergène 6.

Ces méthodes font appel à l’étude du génome d’une plante, à l’ensemble de ses protéines et à son métabolisme selon l’objet d’évaluation.

D’ailleurs la National Academies of Sciences, Engineering and Medecine dans son rapport de mai 201613 estime que le développement rapide de la génomique devra soutenir le développement de mises à jour des cadres règlementaires pour l’approbation des OGM. L’OGM sera ainsi analysé sur la base de critères plus précis associés aux nouveaux traits ajoutés auxquels s’arrimeront aisément les connaissances scientifiques concernant les impacts sur la santé et sur l’environnement.

Atlas sur les risques du génie génétique

L’Atlas sur les risques du génie génétique (GENERA) a été mis sur pied pour cataloguer, analyser et communiquer les résultats de publications scientifiques évaluées par des pairs et pouvant être utilisées pour analyser les risques relatifs à l’utilisation des plantes génétiquement modifiées11. Par la voie d’une base de données, il sera possible de consulter des études traitant de génétique de base, d’analyse biochimique, d’alimentation, d’impact sur l’environnement, d’impact nutritionnel, d’impact socio-économique et de comparaison d’études.