Développement de résistance aux antibiotiques

Souvent, des gènes de résistance aux antibiotiques sont utilisés comme marqueurs dans le processus de fabrication des plantes GM 1 et font alors partie du génome de l’OGM obtenu 2. La protéine codée par ce gène a entre autres la propriété d’augmenter la capacité de résistance des plantes GM aux antibiotiques. On s’en sert alors pour sélectionner les plantes pendant le processus de fabrication de l’OGM.

Le transfert des gènes de résistance de la plante GM aux bactéries pourrait donc contribuer au développement, dans la nature, de nouvelles souches de bactéries résistantes aux antibiotiques. Certains scientifiques se sont demandé dans quelle mesure les antibiotiques utilisés pour les soins médicaux pouvaient perdre de leur efficacité thérapeutique.

À ce jour, les résultats des recherches suggèrent qu’il n’y avait pas lieu de craindre la perte d’efficacité thérapeutique des antibiotiques par l’utilisation des plantes GM 3 8 9.

Avant de savoir si les cultures GM pouvaient jouer un rôle dans la diminution de l’efficacité des antibiotiques, les scientifiques ont dû faire la preuve qu’une plante GM était incapable de transmettre le gène de résistance aux bactéries présentes dans l’environnement 4. Aucun phénomène de transmission de ce genre – d’une plante GM à une bactérie – n’a été constaté dans l’environnement. Mais les scientifiques n’écartent pas que le phénomène puisse se produire. En effet, quelques exemples de transmission ont bel et bien été observés, mais seulement en laboratoire dans des conditions extrêmement contrôlées 1 5.

Des chercheurs espagnols 10 ont étudié le gène de résistance à l’ampicilline et les bactéries du sol potentiellement résistantes aux antibiotiques. Ils ont utilisé des champs de maïs GM de 2000 à 2003 pour réaliser leurs échantillons. Aucune différence entre les champs GM et non GM. Les échantillons ne comportaient pas le gène du maïs Bt. Il n’y avait donc pas eu de transfert entre le maïs GM et les bactéries du sol.

Des chercheurs suisses et français 8 sont venus augmenter les connaissances sur ce sujet d’une façon importante en réalisant une étude sur les bactéries du sol présentes dans des champs de maïs, où le maïs Bt était cultivé depuis une dizaine d’années. Ils ont suivi le gène de résistance à l’antibiotique ampicilline mis dans l’OGM. Les bactéries du sol étaient déjà naturellement résistantes à une grande quantité d’antibiotique de la même famille que l’ampicilline. Le même gène que dans l’OGM a été trouvé dans les bactéries du sol. Ce qui est normal puisqu’il a été isolé de ces mêmes bactéries. Ceci diminue donc de beaucoup le risque d’introduire une nouvelle résistance par du matériel GM. De plus, il n’y avait pas plus de bactéries résistantes aux antibiotiques dans les champs d’OGM que dans les champs de maïs conventionnels.

Des chercheurs canadiens 11 ont quant à eux vérifié si les mêmes conclusions que pour le gène de résistance à l’ampicilline étaient aussi valides pour le gène de résistance à la kanamycine et le gène de résistance à la néomycine. Après avoir étudié sur 3 ans des champs de maïs GM commerciaux, leurs résultats démontrent que le gène NptII pour la résistance à ces antibiotiques était rare dans les populations de bactéries du sol. Aucun transfert de gène entre le maïs GM et les bactéries avait eu lieu. Aucune différence entre les champs GM et non GM n’a été notée.

Quoi qu’il en soit, il faut se rappeler que ces gènes de résistance aux antibiotiques introduits dans les plantes GM proviennent de bactéries qui existent déjà dans la nature. Pour cette raison, certains chercheurs jugent peu probable que les cultures de plantes GM favorisent davantage le développement, dans l’environnement, de nouvelles souches de bactéries résistantes aux antibiotiques 6 8 9. Par ailleurs, d’autres chercheurs proposent simplement que l’on réduise le nombre d’espèces de bactéries qui sont actuellement utilisées dans le processus de développement des OGM 1. Il s’agirait là d’une façon simple d’éviter de nuire à l’efficacité thérapeutique des antibiotiques les plus couramment utilisés.

Enfin, certaines organisations, comme la Royal Society de Londres, ont suggéré de retirer le gène marqueur de l’OGM une fois achevé le processus d’insertion du gène dans la plante hôte 3, et pour cause : ce gène n’est plus nécessaire après la création de l’OGM. Les membres de la Royal Society considèrent toutefois que le risque d’augmentation de souches de bactéries résistantes aux antibiotiques attribuable à la transgénèse est faible, compte tenu des connaissances actuelles.

Les marqueurs antibiotiques ne sont plus beaucoup utilisés maintenant dans la fabrication des OGM. D’autres gènes marqueurs sont disponibles.

Insertion du gène de résistance

Certains se demandent si le gène inséré dans la plante GM peut se transférer dans leurs cellules s’ils mangent un aliment provenant de cette plante. Les études ont démontré que cette possibilité est très peu probable, car l’organisme humain digère l’ADN contenu dans les aliments issus de plantes ou d’animaux (constitués de milliers de cellules formées d’autant d’ADN). Nous décomposons ces ADN en nucléotides, les nucléotides sont semblables, qu’ils proviennent du transgène ou d’un autre gène de la plante. Il devient alors impossible de déterminer si les nucléotides proviennent du transgène ou non. Les nucléotides sont sans danger pour les humains puisque nos cellules les utilisent pour fabriquer notre ADN. Dans le cas où les gènes ne sont pas digérés, les cellules des mammifères ont développé des moyens pour se défendre contre l’insertion de gènes étrangers dans leur ADN 7. À la lumière de certaines évaluations, il est peu probable qu’un gène d’origine OGM s’insère dans les cellules de l’organisme humain 3 7.

Afin d’éviter ce type de problème, certains pays comme l’Union européenne, par sa directive 2001/18/CE (article 4-2) prévoit l’élimination progressive des marqueurs de résistance aux antibiotiques des OGM.