Qu'est-ce qu'un OGM?

OGM, OVM, GM, AGM, GG, VCN, AN, ETC ?

Selon la définition de la Commission de l'éthique en science et en technologie du Québec, un organisme génétiquement modifié (OGM) est « un microorganisme, une plante ou un animal dont le patrimoine génétique a été modifié par génie génétique pour lui attribuer des caractéristiques qu'il ne possède pas du tout ou qu'il possède déjà, mais à un degré jugé insatisfaisant à son état naturel, ou pour lui enlever ou atténuer certaines caractéristiques jugées indésirables »1.

Ainsi, un OGM est un être vivant dont le matériel génétique a subi une transformation spécifique par la méthode appelée transgénèse. À ce jour, les OGM approuvés au Canada sont des plantes ou des microorganismes. Par exemple, le maïs-grain Bt, un OGM destiné à l'alimentation animale, résiste à un insecte nuisible aux cultures (la pyrale), alors qu'une bactérie GM sécrète une insuline humaine utilisée pour traiter le diabète.

Les protéines, la finalité des modifications génétiques

Chaque gène constitue une « instruction » pour fabriquer une protéine. Ainsi, lorsqu'un être vivant est modifié par transgénèse, la modification entraîne toujours l'ajout d'au moins une protéine dans son métabolisme ou le blocage de sa synthèse. Il existe des dizaines de milliers de gènes. Chaque protéine est fabriquée à l'aide d'un ou de quelques gènes, et il existe donc des dizaines de milliers de sortes de protéines.

Le rôle des protéines est majeur et varié :

  • La kératine constitue la matière de base des plumes, des poils et des griffes;
  • l'insuline est une protéine hormonale essentielle à la régulation du taux de sucre dans le sang chez les mammifères;
  • les immunoglobulines sont des anticorps intégrés au système immunitaire.

Certains types de protéines sont peu répandus chez les êtres vivants alors que d'autres sont très communs. L'ubiquitine, impliquée dans la dégradation des protéines, est considérée comme étant universelle. Elle est présente autant chez l'humain et la mouche à fruits que chez les levures. Pour fabriquer l'ubiquitine, 14 gènes peuvent être nécessaires2.

Modification génétique et technique de l’ARN interférent

L’ARN interférent (ARNi) est un mécanisme conservé au cours de l’évolution qui joue un rôle essentiel dans le contrôle de l’expression des gènes. Ce phénomène peut être utile dans l’étude de la fonction des gènes, la recherche de traitements pour des maladies humaines ou animales et pour enlever des caractéristiques non désirées chez les plantes et les animaux.

Le terme ARNi, réfère à un ensemble de processus biologiques qui font usage de la machinerie cellulaire naturelle d’une plante pour rendre silencieux certains gènes.

Le phénomène de l’ARN interférent a tout d’abord été découvert chez un nématode, le Caenorhabditis elegans3. Il est rapidement apparu par la suite que ce mécanisme avait été conservé chez les eucaryotes plus évolués4 5. Des études biochimiques et génétiques ont révélé que l’ARNi peut inhiber l’expression d’un gène en dirigeant la coupure («le clivage») des ARN qui lui sont complémentaires ou en inhibant la traduction d’une séquence génétique spécifique.

L’ARNi se présente aujourd’hui comme une nouvelle stratégie de manipulation de l’expression des gènes

Dans le monde de la recherche en génie génétique, de plus en plus de banques d’ARNi se mettent en place6. Le journal spécialisé Nature Reviews Genetics consacre un numéro spécial à ce sujet disponible en ligne7. On y retrouve plusieurs informations pertinentes ainsi qu’une animation 3D.

Plusieurs plantes GM actuellement en approbation ou récemment approuvées font partie d’une nouvelle génération d’OGM conçus avec la technologie de l’ARN interférent (ex. Pomme Artic™ anti-brunissement, pomme de terre Innate™ anti-brunissement et avec moins d’acrylamide).