Moins de pesticides

Par la transgénèse, l'être humain peut produire des plantes génétiquement modifiées (GM) afin de les rendre tolérantes aux herbicides ou résistantes à certains insectes ou à certaines maladies. Les cultures tolérantes à un herbicide ont été développées en vue de faciliter la lutte contre les mauvaises herbes. En effet, les agriculteurs peuvent ainsi arroser tout leur champ avec un seul herbicide – celui que tolèrent les végétaux GM – pour tuer les mauvaises herbes sans nuire aux cultures. Par ailleurs, la culture d'OGM résistants à un insecte permettrait de réduire l'apport de produits chimiques au champ, puisque la plante peut se défendre elle-même contre l'insecte nuisible en produisant, en quelque sorte, son propre insecticide.

L'utilisation d'OGM aurait réduit l'épandage de pesticides de 352 millions de kg (- 8,4%) entre 1996 et 2008 et en aurait diminué l'impact environnemental de 16,3 %. Elle aurait ainsi diminué significativement l'émission de gaz à effet de serre (moins d'épandage, donc moins d'essence utilisée)1.

Moins d'herbicides

Depuis l'arrivée du soja tolérant à un herbicide, les États-Unis ont observé une légère baisse d'utilisation des herbicides en agriculture2 3. Entre 1995 et 1998, les producteurs américains de soja tolérant à un herbicide auraient réduit de 10 % en moyenne la quantité d'herbicides utilisés dans leurs champs4 5 6 7. En 2005, la culture de soja tolérant au glyphosate nécessiterait 25 % moins d'herbicides que la culture de soja traditionnel8.

Aux États-Unis en 2004, la culture de canola tolérant aux herbicides aurait réduit la quantité de pesticide utilisé de plus de 165 000 kg. Tandis que pour la même année, la culture de maïs tolérant aux herbicides aurait diminué la quantité de pesticide utilisé d'environ 7,3 millions kg8.

Par ailleurs, le Conseil canadien du canola rapporte que la culture de canola tolérant à un herbicide a permis de diminuer l'utilisation d'herbicides de plus de 6 000 tonnes en 20002 20. Entre 1995 et 2000, la quantité d'herbicides appliquée par hectare a diminué de plus de 40 % et chaque année, elle était inférieure dans les champs de canola tolérant à un herbicide9.

D'après un sondage réalisé auprès de 600 producteurs de canola dans les trois provinces des Prairies canadiennes, l'utilisation du canola GM tolérant aux herbicides réduirait l'application d'ingrédients actifs d'herbicides. Cette réduction est estimée à 1,3 millions kg/année10.

Les cultures tolérantes à un herbicide permettraient de réduire la quantité d'herbicides utilisés,pour les raisons suivantes11:

  • les cultures GM tolérantes à un herbicide nécessitent une moins grande quantité de produits par traitement que les cultures traditionnelles;
  • les cultures tolérantes à un herbicide ne nécessitent souvent qu'un seul traitement, alors que les cultures traditionnelles exigent des traitements multiples d'herbicides;
  • les cultures tolérantes à un herbicide permettent l'utilisation d'herbicides en postlevée, c'est-à-dire lorsque les plants cultivés sont en croissance.

Cependant, la quantité d'herbicides utilisés pour traiter les cultures GM pourrait augmenter advenant une résistance des mauvaises herbes12.

Bénéfices économiques

En 2007, un sondage effectué auprès des producteurs a permis de récolter des données sur leurs expériences, leurs pratiques de production, le travail du sol, l’utilisation des herbicides, la gestion des repousses de canola volontaires et les pratiques de contrôle des mauvaises herbes.

L’étude des chercheurs de l’Université de la Saskatchewan21 révèle que cette nouvelle technologie a généré pour 2005-2007, entre 1,063 million $CAN et 1,192 million $CAN de bénéfices nets directs et indirects pour les producteurs. Cette situation est attribuée à la diminution des coûts de production des cultures et à un meilleur contrôle des mauvaises herbes (MH).

Lors des premières années d’utilisation du canola tolérant aux herbicides, les préoccupations majeures étaient :

  1. le potentiel de transfert du trait de résistance à des MH apparentées
  2. ou que le canola GM devienne un volontaire incontrôlable dans les champs d’autres cultures, ce qui aurait diminué les gains des producteurs.

Le sondage a largement mis de côté ces appréhensions :

  • Plus de 94 % des répondants ont rapporté que le contrôle des MH était soit le même ou meilleur qu’avec du canola conventionnel;
  • Moins de 25 % ont exprimé des préoccupations par rapport à une résistance à un herbicide dans les populations de MH;
  • 62 % ont mentionné ne pas avoir plus de difficulté à contrôler les volontaires de canola GM que ceux de canola non-GM;
  • Seulement 8 % ont indiqué voir les volontaires de canola GM comme une des cinq principales mauvaises herbes à contrôler.

Moins d'insecticides

Selon l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Conseil international pour la science (CIUS)13 14, l'utilisation de cultures transgéniques Bt résistantes aux insectes contribue à :

  • réduire le volume et la fréquence de l'utilisation d'insecticides sur les cultures de maïs, de coton et de soja ;
  • réduire la contamination des nappes d'eau et les dommages infligés aux populations d'insectes non ciblés ;
  • préserver la biodiversité intrinsèque d'une culture, ce qui n'est pas le cas des espèces traditionnelles qui reçoivent régulièrement des applications de pesticides à large spectre, soit des produits qui tuent la majorité des plantes.

Entre 1996 et 2006, les cultures de maïs et de coton Bt sont associées à une diminution de 136,6 millions kg d'ingrédients actifs d'insecticides à travers le monde. Une réduction de 29,9 %. Les bénéfices varient d'un pays à l'autre et sont surtout associés à la production de coton, historiquement une des cultures conventionnelles utilisant le plus d'insecticides à travers le monde15.

Aux États-Unis, la culture de maïs résistant aux insectes permettrait une diminution annuelle de la quantité d'insecticide utilisé d'environ 1,5 million kg, soit 6 %8. D'autres chercheurs estiment la diminution de l'utilisation des insecticides pour le maïs Bt à 8 %16.

En Chine17 et en Afrique du Sud18, la réduction des pulvérisations de pesticides sur le coton a entraîné une amélioration significative de la santé des travailleurs agricoles.

Toutefois, ces avantages se trouveraient réduits s'il s'avérait nécessaire d'appliquer des doses supplémentaires d'insecticides advenant l'apparition d'une résistance chez les insectes nuisibles19.