Production agricole accrue

Produire davantage et mieux. Voilà l’une des préoccupations constantes des agriculteurs. Les grandes cultures d’OGM ont notamment été développées dans le but de répondre à cet objectif. Les plantes GM tolérantes aux herbicides, par exemple, doivent faciliter la lutte contre les mauvaises herbes. En cultivant des plantes GM résistantes aux insectes, aux maladies ou aux virus, les producteurs veulent se prémunir contre les pertes importantes qu’entraînent l’attaque d’insectes, l’apparition de maladies ou l’introduction de virus, tout en diminuant la quantité de traitements par pesticides. Ainsi, la culture d’OGM permettrait d’augmenter la production agricole.

Une étude subventionnée par le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs s’est penchée sur les impacts environnementaux des OGM sur le territoire québécois.

L’équipe de recherche québécoise a étudié les effets environnementaux des OGM dans des champs situés près de Québec (2003-2004) et de Saint-Hyacinthe (2004). Voici les principaux résultats concernant le rendement des cultures étudiées.

Cultures tolérantes aux herbicides (maïs et soja)1

Les résultats confirment l’hypothèse que le glyphosate et le glufosinate ne sont pas toxiques pour les cultures qui leur sont tolérantes. Par ailleurs, le rendement en grains de ces dernières est similaire à celui obtenu avec les cultures traditionnelles.

Cultures résistantes aux insectes (maïs)2

En 2003, les rendements en grains des maïs traditionnels et Bt se sont avérés similaires. Tandis qu’en 2004 les rendements étaient similaires dans les champs expérimentaux situés près de Saint-Hyacinthe, dans les champs de la région de Québec, les rendements des maïs Bt étaient de 10 % à 15 % supérieurs à ceux des maïs ordinaires. Cet écart était probablement causé par un plus grand nombre de pyrales dans la région de Québec.

Le cas du soja tolérant aux herbicides

Selon quelques études, le soja tolérant à un herbicide offre un rendement supérieur au soja traditionnel, et ce, pour les raisons suivantes3 4 5 :

  • lutte plus efficace contre les mauvaises herbes;
  • possibilité de réduire l’espace entre les rangs de végétaux, et par conséquent, de mieux utiliser le sol;
  • diminution significative des pesticides utilisés.

Le cas du maïs tolérant aux insectes

Depuis son arrivée sur le marché américain (1996), le maïs tolérant aux insectes aurait eu un rendement de 6 % supérieur au maïs traditionnel. Cette différence aurait atteint 20 % les années de grandes infestations d’insectes6.

Le maïs Bt résistant à la chrysomèle des racines (Diabrotica virgifera LeConte) (YieldGard VT Triple) est un OGM couramment utilisé.

Des scientifiques de l’Université de l’Illinois ont réalisé une étude pour vérifier l’hypothèse selon laquelle les hybrides Bt résistants à la chrysomèle (CRW) montrent une meilleure efficacité de l’utilisation de l’azote7. Cette situation conduirait à un meilleur rendement par rapport aux homologues tolérant au glyphosate non-Bt.

En 2008-2009 sur des terres situées à Champaign (Illinois), les chercheurs ont évalué deux hybrides de maïs Bt CRW ainsi que leurs homologues non-Bt tolérants aux herbicides (HT) avec un apport de 0, 67, 134, 201 ou 268 kg d’azote/ha.

En dépit d’une certaine pression d'alimentation des chrysomèles sur les racines des maïs GM, les hybrides Bt ont produit en moyenne près de 1,1 Mg/ha plus de grains que leurs homologues HT non-Bt.

Avec les faibles doses d’azote, les hybrides Bt ont montré une augmentation du rendement en grain et une réaction à l’engrais azoté supérieure de 31 %. Avec plus d’azote, les rendements tant des maïs Bt que des maïs non-Bt étaient similaires. Les hybrides de maïs Bt ont un rendement plus élevé avec, en moyenne, 38 % d’engrais azoté en moins.

Les chercheurs ont conclu que la protection contre la chrysomèle via la biotechnologie apporte des bénéfices agronomiques supplémentaires comme l’amélioration de l’efficacité de l’utilisation de l’azote dans certains environnements.

Le cas de la papaye résistante au virus

À Hawaï. La culture de papaye résistante au virus aurait permis une augmentation de 4,65 millions de kg en 20046 8.

Perspectives d’avenir en production agricole

Des OGM présentant d’autres caractéristiques agricoles sont présentement à l’étude. Parmi ces derniers, on trouve des plantes GM qui permettraient aux agriculteurs de cultiver des terres jusqu'alors impropres à l’agriculture en raison de la sécheresse, de l'appauvrissement du sol ou de la contamination par le sel. D’ailleurs, les agriculteurs des prochaines générations pourraient avoir le choix de ne plus cultiver autant de terres de mauvaise qualité, si les OGM remplissent leur promesse de rendement agricole supérieur et de meilleure utilisation du sol9.

Est-ce que les OGM doivent être préconisés pour les besoins alimentaires du futur?

Des chercheurs américains ont voulu vérifier que le progrès attribué aux cultures GM était réel et non causé par des facteurs confondants10. Ils ont étudié la proportion des progrès en rendements associés aux OGM de 1964 à 2010, aux États-Unis. Les autres facteurs qui ont pu contribuer à l’augmentation du rendement sont la fertilisation, le climat, etc. Les études réalisées pour le maïs ont révélé un effet significatif du taux d’adoption des OGM sur le rendement, et ce de façon plus importante dans le CornBelt. Toutefois, cet effet n’est pas observé chez le soja où même un petit effet de diminution est remarqué. Le modèle utilisé par l’équipe de recherche permet de prédire les gains en rendement jusqu’en 2030, mais les défis futurs de l'agriculture rendent ces prévisions plutôt incertaines.