Partie 3 - Impact des OGM sur les pratiques culturales et l'environnement1 2

Au printemps 2012, une équipe de chercheurs de l’Université Laval, à Québec, a entrepris de connaître l’impact des OGM sur les pratiques culturales des producteurs de grandes cultures du Québec. Leur outil : un sondageNote envoyé par la poste. Quelque 516 producteurs de grandes cultures du Québec ont répondu aux questions portant principalement sur :

  • Leurs attitudes et opinions sur les cultures GM;
  • L’utilisation des pesticides;
  • L’intérêt économique des OGM.

Cultiver des variétés GM et conventionnelles sur la même exploitation

Parmi les 516 répondants au sondage, un certain nombre de producteurs sème aussi bien des variétés GM que conventionnelles sur leurs terres. Ceux-ci rapportent majoritairement que :

  • Même si la fertilisation des champs GM et conventionnels représente une quantité de travail similaire pour les agriculteurs, ceux-ci affirment avoir réduit la quantité de fertilisants qu’ils appliquaient au champ. Ainsi, même si le nombre d’applications par saison n’est pas différent entre les deux types de cultures, la quantité d’engrais utilisée pour chacune de ces applications est significativement moindre dans les champs GM;
  • Leurs cultures de maïs GM sont moins infestées par les mauvaises herbes ou les insectes que leurs cultures non-GM.

Utilisation des pesticides

  • 75% des répondants au sondage de 2012 disaient ne pas avoir appliqué d’insecticides pendant la saison de production 2011.
  • Environ 43 % des producteurs affirmaient avoir diminué leur utilisation de pesticide entre 2007 et 2012;
  • Le dépistage d’insectes dans les champs a gagné de l’importance dans les opérations de gestion des ravageurs. De ce fait, le pourcentage d’agriculteurs ne pratiquant pas de dépistage d’insectes a diminué de 18% entre 2002 et 2011.
  • Depuis l’enquête de 2002, les agriculteurs semblent être devenus plus tolérants quant à la présence des mauvaises herbes et des insectes dans leurs champs. La majorité de ces producteurs tolère toujours mieux les insectes que les mauvaises herbes.

Les herbicides

Environ 94 % des répondants au sondage ont appliqué un herbicide dans la plupart de leurs champs cultivés en 2011, qu’ils soient GM ou conventionnels :

  • Même si 60% des producteurs de cultures GM rapportent avoir réduit le nombre de doses et la quantité d’herbicides appliquée depuis l’adoption de ces semences, seulement 44% considèrent que le contrôle des mauvaises herbes nécessite vraiment moins de ressources (argent et temps) dans les champs GM.
  • Plus de la moitié des producteurs disait avoir adopté des pratiques culturales visant à ralentir le développement de la résistance au glyphosate comme la rotation des cultures, la rotation des herbicides et le labourage.
  • 35% des producteurs sondés combinaient plusieurs herbicides dans leur plan de gestion des mauvaises herbes.

Insecticide et résistance à la pyrale

Afin de réduire le risque potentiel de voir émerger des populations d’insectes résistants au Bt, le Bureau de la biotechnologie végétale (BBV) de l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) oblige chaque utilisateur de semences Bt à ensemencer au moins 20 % de la superficie cultivée totale avec du maïs non Bt, pour aménager ce que l’on appelle des refuges.

Dans le sondage, près de 95 % des producteurs de maïs Bt affirment réserver 20 % ou plus de leurs superficies cultivées à du maïs non-GM pour servir de refuge à la pyrale du maïs. Parmi ceux-ci :

  • La presque totalité n’avait pas appliqué d’insecticide foliaire sur leurs refuges;
  • La grande majorité est d’avis que la commercialisation de sacs de semence Bt comprenant un certain pourcentage de semences non Bt (refuges-dans-le-sac) facilitera le respect des normes de refuges.
  • 44% des producteurs de maïs prévoyaient utiliser le refuge-dans-le-sac au printemps 2012.
  • 71 % mentionnent n’avoir observé aucun cas de résistance au maïs Bt chez la pyrale;
  • 68 % soutiennent ne pas avoir remarqué de cas où leur maïs Bt ait pu nuire à des insectes non nuisibles.